Additif sur la "randonue" PDF Imprimer Envoyer
Naturisme et droit en France - Naturisme et droit pénal
Écrit par fp   
Mardi, 01 Juillet 2008 17:05

Parmi les questions souvent posées concernant le naturisme et la loi pénale, figure celle concernant les randonnées naturistes, encore appelée par les pratiquants "randonue".

Deux "écoles de pensée" s'affrontent dans les forums :

- l'une nie farouchement tout risque pénal

- l'autre met l'accent sur un risque certain.

 

La vérité, pour cette question comme pour d'autres, se situe entre les deux points de vue.

Pour synthétiser, nous pouvons dire que :

1) Il n'y a pas absence totale de risque. C'est-à-dire, selon la tendance de la jurisprudence actuelle, (que l'on ne peut que constater sans en partager le point de vue), l'infraction est constituée, en ce qu'il n'y a aucune raison juridique en tout cas de distinguer les randonneurs naturistes, des baigneurs naturistes, des bronzeurs naturistes, etc. Les lieux sont "accessibles au regard du public" selon la définition de l'article 222-32

2) Mais le risque apparaît très limité : à notre connaissance, il n'y a eu aucun procès en tout cas ayant fait l'objet d'une décision publiée, ou même d'un article de journal, concernant la randonnue, alors que celle-ci a tendance à se développer au fil des années.

Cette absence de contentieux peut peut-être s'expliquer pour trois raisons, étant admis que seuls pourraient porter plainte des promeneurs fortuitement croisés qui prendraient ombrage de ce qu'ils voient :

- une certaine évolution des mentalités, tendant à ce que les promeneurs suffisamment horrifiés pour porter plainte se raréfient quelque peu,

- peut-être, un certain manque d'enthousiasme des forces de l'ordre à poursuivre des personnes ne troublant pas tant que cela l'ordre public

- enfin et certainement à notre sens, les précautions prises par les randonneurs eux-mêmes, consistant à éviter les heures d'affluence, à emprunter des chemins pas trop fréquentés, voire à avoir un habit dans son sac à enfiler si d'autres promeneurs sont croisés, etc.

Ce qui peut être conseillé si un ou des randonneurs faisaient l'objet de poursuites, c'est de mettre l'accent sur ces précautions et sur le caractère isolé du chemin emprunté, pour diminuer la "sanction" qui, normalement et vu certaines peines prononcées pour certains naturistes "de plage", ne devrait pas être très lourde...

Enfin, la Fédération Française de Naturisme vient de mettre en ligne un communiqué où elle prend position sur le sujet.

Elle rappelle les risques ci-dessus évoqués, en indiquant qu'elle ne peut s'impliquer en tant que fédération dans cette pratique ! On peut toujours formuler telle ou telle objection sur certains mots employés, mais, à mon sens, s'agissant de pratiques dans des lieux sur lesquels elle n'a par définition aucun contrôle, elle ne peut en tant que fédération, ni soutenir ni désapprouver...

Et il est aussi à noter que dans ce communiqué, la FFN s'est un peu plus avancée pour une évolution de la législation pénale en la matière, ce qui est plutôt une bonne nouvelle...

Par ailleurs une association s'est constituée, l'Association pour un naturisme en liberté (APNEL) qui s'est fixée pour but d'oeuvrer pour une dépénalisation de la nudité. Nous ne sommes pas d'accord avec certaines de leurs orientations (notamment concernant la question des droits de l'homme), mais partageons l'essentiel d'une analyse sur le caractère rigide et inadapté de la législation actuelle !

Pour voir leur site cliquer ici .