Parmi les questions souvent posées concernant le naturisme et la loi pénale, figure celle concernant les randonnées naturistes, encore appelée par les pratiquants "randonue".

Deux "écoles de pensée" s'affrontent dans les forums :

- l'une nie farouchement tout risque pénal

- l'autre met l'accent sur un risque certain.

 

La vérité, pour cette question comme pour d'autres, se situe entre les deux points de vue.

Pour synthétiser, nous pouvons dire que :

1) Il n'y a pas absence totale de risque. C'est-à-dire, selon la tendance de la jurisprudence actuelle, (que l'on ne peut que constater sans en partager le point de vue), l'infraction est constituée, en ce qu'il n'y a aucune raison juridique en tout cas de distinguer les randonneurs naturistes, des baigneurs naturistes, des bronzeurs naturistes, etc. Les lieux sont "accessibles au regard du public" selon la définition de l'article 222-32

2) Mais le risque apparaît limité : à notre connaissance, il n'y a eu aucun procès en tout cas ayant fait l'objet d'une décision publiée, ou même d'un article de journal, concernant la randonue, alors que celle-ci a tendance à se développer au fil des années.

Cette absence de contentieux peut peut-être s'expliquer pour trois raisons, étant admis que seuls pourraient porter plainte des promeneurs fortuitement croisés qui prendraient ombrage de ce qu'ils voient :

- une certaine évolution des mentalités, tendant à ce que les promeneurs suffisamment horrifiés pour porter plainte se raréfient quelque peu,

- peut-être, un certain manque d'enthousiasme des forces de l'ordre à poursuivre des personnes ne troublant pas tant que cela l'ordre public

- enfin et certainement à notre sens, les précautions prises par les randonneurs eux-mêmes, consistant à éviter les heures d'affluence, à emprunter des chemins pas trop fréquentés, voire à avoir un habit dans son sac à enfiler si d'autres promeneurs sont croisés, etc.

Ainsi, en été 2009 une randonnée autour du "Domaine de la Sablière" dont le jour, l'heure et le lieu avaient été communiqués par affichage dans le centre, avait fait l'objet d'une dénonciation (!!!???!!!) à la gendarmerie. Des gendarmes s'étaient rendus sur place et après discussion avec les protagonistes, ont finalement décidé de ne pas intervenir. La randonnée s'est déroulée sans encombre. Ce qui ne veut pas dire bien entendu que le risque d'interpellation n'existe plus, mais il s'agit d'un précédent qui mérite d'être signalé !

Ce qui peut être conseillé si un ou des randonneurs faisaient l'objet de poursuites, c'est de mettre l'accent sur ces précautions et sur le caractère isolé du chemin emprunté, pour diminuer la "sanction" au besoin en s'appuyant sur l'arrêt de la Cour d'appel de Rennes pour arguer de l'absence d'élément intentionnel.

Par ailleurs, rappelons l'existence l'Association pour un naturisme en liberté (APNEL) qui s'est fixée pour but d'œuvrer pour une dépénalisation de la nudité. Nous ne sommes pas d'accord avec certaines de leurs orientations , mais partageons l'essentiel d'une analyse sur le caractère rigide et inadapté de la législation et de la jurisprudence dominante actuelle !

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